Histoires de radio

Belgique:
Le centre émetteur RTFB VRT de Wavre




Conçu à l'origine pour la diffusion des deux programmes nationaux sur ondes moyennes et du service international sur ondes courtes, il ne reste plus qu'un émetteur A.M. en service. Place à la FM DAB et TNT.



1938 L'I.N.R. veut remplacer le centre de Veltem.
Face aux augmentations de puissance des autres émetteurs, le centre de Veltem est jugé insuffisant et souhaite augmenter la puissance, mais ce projet est abandonné suite à la guerre.

1946 : L'étude d'une nouvelle installation.
Outre l'I.N.R. qui souhaite augmenter sa puissance en ondes moyennes, l’État, fort de son expérience en ondes courtes au Congo, souhaite développer son service mondial depuis le Belgique. Veltem est trop petit, on cherche un nouvel emplacement.

1949 : Le contrat est signé avec Brown Boveri
Il comprend 2 émetteurs ondes moyennes de 150kw, 2 émetteurs ondes courtes de 100kw et un émetteur de ondes courtes de réserve de 20kw. En réalité, la station a très vite travaillé sur 3 fréquences OC, utilisant aussi l'émetteur de réserve.

Après la mise en service du centre, les anciens émetteurs ondes moyennes de 20kw de Veltem devaient être transféré à Wavre comme émetteurs de secours.

1951 : Le centre émetteur de Wavre est en construction.
Sur un terrain de près de 100ha à 21km au sud de Bruxelles, l'I.N.R dispose-ra enfin, d'un centre émetteur de grande puissance sur ondes moyennes et courtes.

1952 : Inauguration de Wavre.
Le 17 octobre S. M. le Roi Baudouin inaugure officiellement le nouveau centre émetteur et tous les émetteurs entrent en service.

Un bâtiment impressionnant.
L'aile des services :
comprend le logement du concierge, un hall d'entrée où trône une impressionnante maquette du centre, le bureaux, les laboratoires, le local des oscillateurs, les studios de secours, les réserves, les ateliers et les garages.
L'aile des émetteurs : Les émetteurs sont installés au premier étage ainsi que le commutateur d'antennes à ondes courtes.
Le rez-de-chaussée est occupé par les serpentins de refroidissement et un grand emplacement reste libre pour l'installation future d'autres émetteurs.
L'aile sous-station : Elle comporte la cabine haute tension et les groupes de secours diesel, équipés de moteurs identiques à ceux des navires qui permettent de faire fonctionner les émetteurs à puissance réduite en cas de panne de courant.
2 câbles souterrains de 36.000 volts relient le centre émetteur aux stations électriques de Basse-Wavre et de Overijse. Les groupes
Un immeuble en cage de Faraday.
L'immeuble tout entier est protégé des nuisances électrique et électromagnétiques. Toutes les toitures sont en tôles de cuivre reliées au réseau de terre au moyen de larges bandes en cuivre. Même dans les planchers un treillis de bandes de cuivre est raccordé tout comme les murs des laboratoires et studios.

Le centre est relié aux studios par un câble téléphonique, pour les conversations téléphonique et les lignes de modulation. L'itinéraire était classé secret militaire.

La station emploi près de 30 personnes. Les techniciens y travaillent, en alternance, 2 journées ou 2 nuits de 12h suivis de 2 jours de congés.

Le réseau d'antennes comprend:

3 pylônes ondes moyennes :

Antenne A : 245m de haut (demi-onde pour le programme français)
Antenne B : 165m de haut (demi-onde pour le programme flamand)
Antenne C : 90 m de réserve en quart d'onde.

8 antennes ondes courtes :

Antenne a : Coquilhatville (Mbandaka) Congo. Rideau, bande des 31m.
Antenne b : Coquilhatville (Mbandaka) Congo. Rideau, bande des 16m.
Antenne c : Léopoldville (Kinshasa) Congo. Losange double, de 25 à 50m
Antenne d : Léopoldville (Kinshasa) Congo. Losange double, de 13 à 25m.
Antenne e : Amérique du sud. Losange double, bandes de 13 à 25m.
Antenne f : Amérique du nord. Losange double, bandes de 25 à 50m.
Antenne g : Extrême-Orient. Losange double, bandes de 25 à 50m.
Antenne h : Madrid/Stockholm. Losange réversible, bandes 25 à 50m.

Un petit terrain en plus ?
C'était le temps où la Belgique était « unitaire », mais déjà des querelles linguistiques se pointaient à l'horizon. Comment se faisait-il que le centre émetteur était du côté wallon ?
On acheta donc un terrain supplémentaire de 5ha sur la commune voisine d'Overijse en région flamande. Ce terrain était boisé et vallonné, impropre à la construction d'antenne, mais rétablissait l'équilibre politique : On pouvait parler du centre émetteur de Wavre-Overijse.

1953, début de la télévision.
L'INR-NIR se lance dans la télévision qui dispose d'un émetteur au sommet du Palais de Justice de Bruxelles (100 mètres de haut). Wavre-Overijse est choisi comme centre d'émission principal. Afin d'éviter la construction d'une structure supplémentaire, le service technique trouve une solution unique au mode à l'époque : Installer les antennes TV au sommet du pylône rayonnant de 245m.
La bâtiment de l'émetteur TV doit se trouver à exactement ¼ de la longueur d'onde ondes afin d'éviter les perturbations du feeder TV sur les O.M..
Un faisceau hertzien relie les studios de la place Flagey à l'émetteur, via le palais de justice et un réflecteur passif sur l'antenne A. Il permet de transmettre le signal TV et des liaisons de secours pour les programmes radio.

1960, l'indépendance du Congo.
Les antennes a et b furent remplacées par 4 rideaux multibandes conçues pour des puissances de 250kw (antennes n°1A 1B 1C et 1D), les autres antennes ont été rebaptisées respectivement n°2A - 2B – 3 - 4 et 5N – 5S.

1960, l'INR-NIR dévient le RTB-BRT
Deux organismes publics de diffusion sont créés : la Radio-télévision belge (R.T.B.) pour les francophones, et la Belgische Radio-Televisie (B.R.T.) pour les néerlandophones.

C'est l'époque ou la radio veut diffuser 24h/24. Pour réduire les frais, 2 studios sont ré-équipés dans le centre émetteur. 2 mini studios pouvant être utilisés par 1 présentateur et 1 technicien.. voir même par un DJ (le terme n'existait pas encore). Un scandale pour les syndicats car il fallait au moins en studio 1 technicien à la table de mixage, 1 aux magnétophones, 1 aux tables de lectures sans oublier 1 réalisateur 1 présentateur et si possible 1 producteur. Le projet fut abandonné et le studio ne fut utilisé que pour les rediffusions des bandes enregistrées de messages pour les marins belges de la marine marchande. Dans les années 70, j'ai tenté de pouvoir utiliser un de ces studios pour y réaliser les émissions DX que l'Office Européen de Radiodiffusion produisait pour les émissions mondiales. Je souhaitait y faire participer les techniciens du centre pour répondre aux questions des auditeur. Malgré leur désir de collaborer, nous nous sommes heurtés au même refus.. Pire.. vouloir transformer un technicien en présentateur, quel scandale !

Il n'est pas exclu que l'équipement de ces studios avait été réalisé dans un but inavouable : briser les grèves disposant des moyens pour la diffusion d'un programme minimum.

1969 Un émetteur OC supplémentaire
Le développement du centre a connu un développement inattendu à la fin des années 60 : La Régie de Télégraphes et des Téléphones constate qu'elle loue depuis 8 ans un entrepôt au port d'Anvers ??
Vérifications faites, on y trouve un émetteur ondes courtes 50kw Thomson-Houston dans son emballage d'origine. Il avait été acheté pour être mis en service au Congo Belge mais était resté à quai suite à l'indépendance. La R.T.T. propose à la RTB-BRT de le racheter.
Grâce à cet émetteur CFTH à vapotron de 50kw, la RTB BRT dispose d'un nombre paire d'émetteurs.. ce qui rétablit l'équilibre linguistique !

Je déménage.. Je déménage pas..
A cette époque, le BRT souhaite remplacer l'émetteur OM de Radio 1 par un autre situé plus au centre de la Flandre. L'antenne B est démontée y être réinstallée et l'antenne de réserve est utilisée. Après démontage, la BRT se rend compte que le nouvel emplacement n'est plus disponible. Finalement un nouvel émetteur et de nouveaux pylônes seront installés à Wolvertem.

La RTB espère coupler les émetteurs ondes myennes mais la BRT décide de le réaffecter pour la diffusion de Radio 2 sur 540Khz (150kw) et reconstruit un pylône.

1972 : Commande de 2 émetteurs O.C. 250kw.
Il faudra attendre les années 70 pour que la salle du rez-de-chaussée soit utilisée : les émissions mondiales commandent 2 émetteurs de 250kw. Il faut dire que l'émetteur de 20kw est à bout de souffle et Brown Boveri envisage de ne plus produire ce genre de tubes de puissance. L'émetteur de 50kw n'a jamais donné les résultats escomptés.

1973 : Le centre TV2 est construit.
Suite au développement de la TV et de la FM, Wavre se dote d'un nouveau bâtiment pour abriter ces nouveaux émetteurs UHF et FM. Un pylône haubané de 315 mètres est construit par la BRT sur l'emplacement de son ancienne antenne B des ondes moyennes flamandes.
Les techniciens du centre ont du déployer des trésors d'imagination car les émetteurs FM étaient perturbés par le rayonnement des antennes rideaux qui diffusaient les émissions des émetteurs de 250kw vers l'Afrique.

1983 : Le nouveau pylône TV-FM de 315 m. s'effondre.
Construit par une société française et garanti dix ans, il s'est écrasé deux mois après l'expiration de la garantie. Il supportait les antennes d'émission en UHF et en FM.
Sans vouloir casser les oreilles des français, la cause de l'accident de ce «chef-d’œuvre» de la technologie française était « un défaut de coulée dans une oreille». Par chance, les anciens émetteurs en VHF étaient toujours actifs dans le centre émetteur TV1 au pied de l'antenne A !

1990 : Le pylône TV FM est reconstruit
Le pylône de la BRT de 315m est remplacé par un pylône autoportant de 220 mètres de haut. Il a un poids de 440 tonnes avec ses antennes.La RTBF a redressé la situation mais pas sa situation financière : un investissement de 6.600.000 €. 

1992 : Fin des OC de la RTBF, le VRT rachète les émetteurs.
La RTBF se désintéresse des ondes courtes pour raisons financières. De son côté, le BRT devenue VRT rachète les émetteurs OC à la RTBF.

1992 : Augmentation de puissance sur ondes moyennes.
Les émissions en français sur 621khz utilise un nouvel émetteur Telefunken : TRAM 300 de 300kw . Un diplexeur permet de raccorder ce nouvel émetteur ainsi que l'émetteur des émissions en flamand sur 540Khz sur le pylône A.
Le pylône de 245 m permet d'obtenir des valeurs de: 0,441 lambda pour le 540 kHz et 0,507 lambda pour le 621 kHz.

1997 : Début de la DAB
Sur le bloc 12B en DAB on peut capter l'ensemble des radios de la RTBF en numérique.

2001 Fin des émissions en ondes courtes de Wavre.
En 2001 Radio Vlaanderen Internationale cesse d'utiliser les émetteur ondes courtes de Wavre pour les remplacer par des relais à l'étranger.

2002 : Démantèlement du centre émetteur TV 1
Tous les émetteurs TV se trouvant dans le nouveau centre émetteur TV2, la RTBF a procédé au démontage des antennes VHF situées au sommet de l'antenne A.

2005 Le retour des ondes courtes à Wavre !
Malgré la concurrence d'internet, la RTBF a décidé d'investir 950.000 euros dans l'achat d'un nouvel émetteur ondes courtes de 100 kW à Wavre.

2006 Premiers tests de DRM
En novembre, les premiers tests de l'émetteur DRM sont effectués sur 5925KHz

2007 L'émetteur OC DRM entre en action
L'émetteur OC a été fabriqués par Téléfunken.
Les émissions était diffusée sur 9970 Khz et destinées au Sud de l'Europe.
C'est également cette année que la RTBF lance la TNT

2009, Nouvelle fin des émissions en ondes courtes
L'expérience Digital Radio Mondiale fut de courte durée : 2 ans après la RTBF cesse la diffusion en ondes courtes de RTBFinternational le 31 décembre 2009 pour les raisons dites budgétaires.

2010 : Arrivée du bouquet TNT
Le 4 mai, le RTBF lance son bouquet TNT avec la Une, la Deux, la Trois et Euronews.

2011 : Fin des ondes moyennes de la VRT
31 décembre, la VRT met définitivement fin à ses émissions en ondes moyennes depuis Wavre sur 927Khz

2014 : Un incendie endommagé le pylône TV de la RTBF.
Dans la nuit du 24 au 25 mai, un incendie d’origine criminelle avait lourdement endommagé un pylône du site de Wavre. Conséquence du sinistre : la mise hors service des émetteurs de la RTBF de la Première, de Pure FM, de VivaCité ainsi que de la radio et télévision numériques.
Début juin des antennes placées sur un pylône provisoire permettent à la RTBF de reprendre les émissions avec un couverture moindre.

2016 Émetteurs en service actuellement à Wavre :

TNT :

Bouquet RTBF : 754 MHz Canal UHF 56, Pol. H, PAR : 50 kw

DAB :

12 A (223,936) PAR : 1 kw – Bouquet VRT diffusé par Norkring.
12 B (225,648) PAR : 2 kw - La Première, Musiq’3, Viva Bruxelles, Pure FM, Classic 21, BRF1, BRF2.

AM :

RTBF international 621khz 300kw

FM :

La première 96.1 PAR : 35 kw
Vivacité 99.3 PAR : 500 w
PureFM 101,1 PAR : 50 kw.

GSM :

Orange, émetteurs
Proximus, émetteurs et relais local
Base, émetteur et Faisceaux hertziens régional.

 

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le avec vos amis !

Autres articles pouvant vous intéresser..

Afrique
Ascension
Canaries
Ethiopie
Gabon
Madagascar
Maroc
Rwanda
Sahara
Amérique
Antigua
Bonaire
Canada
Costa-Rica
Cuba
Equateur
Etats-Unis
Montserrat
Venezuela
Asie
Armenie
Chine
Guam
Japon
Palestine
Sri-Lanka
Europe
Albanie
Allemagne
Andorre
Belgique
Bulgarie
Chypre
Espagne
France
Grande-Bretagne
Grece
Hollande
Italie
Lituanie
Malte
Monaco
Pologne
Portugal
Russie
Suisse
Vatican
Océanie
Australie
New-Zealand

Légendes des photos.

- Vue générale du centre émetteur de Wavre
- Majestueuse la salle des émetteurs AM en OM et OC
- La toiture en cuivre rouge du Congo a verdi.
- A gauche en français à droite en flamand
- Antenne Ondes Courtes losange Madrid Stockholm
- Antennes rideaux pointées vers l'afrique
- Le nouveau batiment de la FM, la DAB et la TNT
- Place aux nouvelles technologies

RDV sur Facebook.

Pour être informé des nouveaux articles, cliquez sur le bouton "j'aime cette page", ci-dessous.

Merci à tous !

J'ai réalisé de nombreuses photos au cours de ma carrière, d'autres m'ont été fournies par les radiodiffuseurs ou d'anciens collègues, que je remercie.
A défaut de crédit de l'auteur d'une œuvre orpheline, les droits réservés sont d'application.
J'invite les auteurs concernées à me contacter par mail: michel chez fremy.be .
De ce fait je ne peux donner autorisation de reproduction.